Idées reçues sur le bioéthanol
Idée reçue N°1 : « Produire du bioéthanol nécessite une agriculture très polluante »
Depuis plus de vingt ans, les pratiques agricoles ont beaucoup progressé grâce à l'évolution des connaissances agronomiques et des techniques culturales. Cela se traduit par une généralisation du fractionnement de la fertilisation azotée et une stabilisation des doses d'engrais azoté depuis 1990. L'amélioration constante des pratiques a permis de réduire la quantité apportée d'engrais à l'hectare de 33% en 6 ans (1999-2006) et de diminuer les quantités de produits phytosanitaires utilisés de 24% (entre 2001 et 2005).
Entre 1990 et 2005, l'agriculture a diminué de 11% ses émissions de gaz à effet de serre alors que, pendant le même temps, les émissions du secteur des transports augmentaient de 22% (Source Citepa).
Depuis 1992, le respect des bonnes pratiques environnementales est prioritaire dans les techniques culturales et, depuis 2003, c'est une condition règlementaire à l'octroi de subventions agricoles européennes.
Les méthodes de culture des céréales et/ou des betteraves sont identiques qu'elles soient destinées à l'alimentation humaine, animale ou au bioéthanol.
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Idée reçue N°2 : « Produire du bioéthanol nécessite de cultiver les terres normalement réservées aux cultures alimentaires »
Il n'existe pas en Europe et en France de conflit entre la production de cultures à usage alimentaire et celles destinées au développement du bioéthanol qui restera un débouché complémentaire pour l'agriculture.
En France, le développement de la filière bioéthanol va se faire progressivement d'ici 2010 où , selon les chiffres ONIGC, seulement 3 % (moins de 270 000 hectares) des surfaces totales de céréales et betteraves seront consacrées au débouché bioéthanol.
La remise en culture des jachères qui représentent 1,3 million d'hectare en France offre des surfaces supplémentaires qui pourront être consacrées à la production de bioéthanol.
Selon une étude de la Commission européenne , publiée en juillet 2007, la surface en Europe qui sera consacrée aux cultures énergétiques atteindra en 2020 17,5 millions d'hectares, soit seulement 15% des terres arables de l'Union européenne.
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Idée reçue N°3 : « Produire du bioéthanol augmente les risques de pénurie alimentaire dans le monde »
Le développement du bioéthanol n'est pas responsable du niveau historiquement bas des stocks mondiaux de nourriture. Cette situation est la conséquence de multiples facteurs : mauvaises récoltes consécutives aux sécheresses, à l'apparition de maladies et d'insectes liée à l'évolution du climat, forte hausse de la demande alimentaire (et donc en céréales) de pays comme la Chine et l'Inde…
« Biocarburants ou pas, le monde serait confronté à cette pénurie », voici ce que déclarait récemment Monsieur Boonekamp de l'OCDE par rapport à la pénurie actuelle de matières premières.
Dans l'union, seules 15% des surfaces seront nécessaires à l'horizon 2010 pour la production du bioéthanol destiné à l'Europe.
La production de bioéthanol est source de coproduits (drêches et pulpes) qui sont utilisés pour l'alimentation animale et permettent de limiter nos importations de soja (1 tonne de bioéthanol donne 350 kg de drêches).
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Idée reçue N°4 : « La concurrence entre surfaces alimentaires et énergétiques va entraîner une hausse du prix des matières premières ».
Les prix de la betterave en Europe et de la canne à sucre au Brésil sont stables , seuls les prix des céréales ont augmenté. De nombreux autres facteurs que le bioéthanol sont donc à l'origine de la hausse des prix agricoles , notamment l'augmentation de la demande mondiale.
Monsieur Boonekamp de l'OCDE déclarait récemment que « l'impact des biocarburants sur les prix agricoles a été surestimé ».
La hausse des prix agricoles n'est pas seule responsable de la hausse des prix des produits alimentaires. Pourquoi ? Parce que la part des produits agricoles dans le prix de l'alimentation est très faible, bien plus faible que celle de l'énergie ou de la main d'oeuvre. Par exemple, dans une baguette de pain, le blé représente moins de 10 % du prix.
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Idée reçue N°5 : « La production du bioéthanol entraîne une déforestation qui contribue au réchauffement climatique »
La production de bioéthanol ne devrait pas induire de déforestation dans les pays producteurs hors UE (seuls concernés par la question). Une étude de l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), publiée en avril 2007, indique que les terres disponibles pour l'agriculture dans le monde sont estimées à 41,88 millions de km2 , alors que seulement 15,06 millions de km2 sont effectivement utilisés et seulement 0,11 million de km2 sont utilisés pour les biocarburants (Dr Joseph Schmidhuber).
Il n'y a pas de lien avéré entre la destruction de la forêt amazonienne et le développement des biocarburants. La canne à sucre pour la production de bioéthanol est très majoritairement cultivée dans le centre-sud du Brésil où il n'y a pas de forêt amazonienne. Par ailleurs, 90 millions d'hectares sont disponibles pour les cultures dans le pays sans toucher à la forêt amazonienne.
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Idée reçue N°6 : « Le bioéthanol est plus polluant que les carburants fossiles »
L'étude commanditée en 2002 par l'Ademe et le Ministère de l'Industrie est très claire. Cette étude a démontré que la filière essence a un impact sur l'effet de serre environ 2,5 fois supérieur comparé à celui de la filière bioéthanol. Elle a été conduite du « puits ou du champ à la roue », c'est-à-dire en prenant en compte l'ensemble des émissions de CO2 du processus de production.
Les mesures effectuées par l'IFP (Institut Français du Pétrole) sur des véhicules fonctionnant alternativement au bioéthanol et à l'essence ont montré que l'usage du bioéthanol conduit à une réduction des émissions de polluants . Comparé à l'essence, le bioéthanol offre en effet un gain d'au moins 60% en matière d'oxydes d'azote (NOx) et d'au moins 50% pour le monoxyde de carbone (CO) .
Le bioéthanol est une énergie renouvelable parfaitement miscible dans l'eau.
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Idée reçue N°7 : « Le bioéthanol ne se développera pas en raison du manque de volonté de l'Etat ».
Eric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, a lui-même réaffirmé cet engagement fin janvier devant les députés en rappelant que les biocarburants représentent un moyen de garantir l'indépendance énergétique de la France, offrent des débouchés industriels à nos agriculteurs et contribuent à la lutte contre l'effet de serre. Rappelons par ailleurs, que l'objectif de 10% d'incorporation d'ici à 2015 est toujours de rigueur.
Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, a également récemment affirmé que l'agriculture française non seulement pouvait mais devait relever simultanément les défis alimentaires, énergétiques et environnementaux. Il a également ajouté que " nous disposons en France de suffisamment de surfaces cultivables pour accroître la production de biocarburants sans menacer les cultures alimentaires, qui restent la priorité ".
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Idée reçue N°8 : « Les pétroliers ne pourront pas atteindre l'objectif d'incorporation de 5,75% fixé pour 2008 »
Bien qu'ambitieux et volontaire, cet objectif est accessible en combinant les trois utilisations autorisées de l'éthanol : l'incorporation directe, l'E85 et l'ETBE.
En France une dérogation peut être accordée pour l'incorporation du bioéthanol au delà des 5% autorisés dans l'Union européenne.
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Idée reçue N°9 : « L'Union Européenne veut arrêter le développement du bioéthanol »
Dans un contexte d'urgence climatique et alors que le secteur des transports est le premier émetteur de CO2 (35% des émissions de CO2), la Commission européenne a réaffirmé le 23 janvier 2008 les mesures fixées en 2007, et a indiqué que les biocarburants, énergies renouvelables et immédiatement disponibles, étaient susceptibles d'avoir un impact considérable sur les émissions de GES provenant des transports.
La commissaire à l'agriculture Mariann Fischer Boel a assuré le 13 mars dernier que l'Union Européenne ne changerait pas son fusil d'épaule.
La Commission européenne soutient que cette politique (des biocarburants) débouche sur une réduction considérable des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux émissions engendrées par l'utilisation de pétrole :" Les biocarburants représentent la mesure la plus rapidement applicable pour ralentir considérablement la croissance préoccupante des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports . Cela revêt une importance critique dans un contexte où les émissions croissantes des transports annulent les réductions d'émissions de gaz à effet de serre réalisées avec difficulté dans d'autres secteurs ".
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Idée reçue N°10 : « Le non respect des objectifs d'ouverture de pompes E85 empêchera le développement du bioéthanol»
Le développement du superéthanol (E 85) est une réalité. Le bilan français au bout d'un an est nettement supérieur à celui de la Suède sur la même période. Dans ce pays où les véhicules flex fuel représentent aujourd'hui 10 % des immatriculations, il a fallu 4 ans pour avoir 200 pompes distribuant de l'E85.
A fin février 2008, plus de 210 pompes sont déjà en service en France.
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Idée reçue N°11 : « Les constructeurs automobiles ne produisent presque plus de véhicules Flex Fuel »
Les automobilistes français peuvent aujourd'hui choisir parmi une douzaine de modèles de véhicules Flex Fuel, disponibles auprès de 6 constructeurs. A la fin 2007,
4 000 véhicules Flex Fuel étaient en circulation.
De nouveaux modèles et constructeurs arrivent sur le marché régulièrement comme récemment avec une version Flex Fuel du modèle Kangoo de Renault et l'arrivée de Cadillac par exemple.
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Idée reçue N°12 : « Par nature, le rendement du bioéthanol est faible »
Une étude commanditée par l'Ademe et le Ministère de l'Industrie en 2002 indique que le rendement énergétique (énergie restituée / énergie non renouvelable mobilisée) pour les filières de production d'éthanol de blé et de betterave est de 2 à comparer avec le rendement pour la filière essence de 0,87.
Les scénarios prospectifs de 2002 sont confirmés avec les nouvelles unités de production de bioéthanol qui permettent un facteur 3 entre énergie consommée et énergie produite.
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Idée reçue N°13 : « Il vaut mieux attendre la deuxième génération des biocarburants »
La première génération a toute sa place : bon bilan environnemental et énergétique, disponibilité immédiate dans un contexte d'urgence climatique, atouts économiques…
La première et la seconde génération ne sont pas dissociables. Le bioéthanol de seconde génération ne sera pas une réalité économique et industrielle à échelle significative avant 2015 et ne se fera pas sans l'expérience industrielle acquise dans la production de la première génération, qui permet le développement des réseaux de distribution, la constitution d'une offre d'automobile fonctionnant à l'E85 et l'information sur l'intérêt de ce carburant.
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